Perruques juives

De l'importance de la perruque dans la culture juive orthodoxe

Reportage d'Émilie Dubreuil :

Dès sa plus tendre enfance, la petite fille juive orthodoxe sait qu’un jour elle devra cacher sa chevelure aux yeux du monde.

Ce jour-là, elle sera la femme d’Isaac, d'Ezriel ou de Jacob et ce n’est qu’à lui qu’elle pourra montrer sa chevelure ou ce qu’il en reste.
Puisque, selon la coutume de la religion hassidique à laquelle elle appartient, elle devra soit se raser la tête, c’est le cas des membres du groupe Satmar, se couper les cheveux ou les garder naturels, mais les cacher (loubavitch).

Mais, quel que soit le groupe hassidique auquel elle appartient (il y en a une dizaine), la femme mariée devra se procurer des perruques. Comme toutes les femmes adultes en portent, qu’elle en portent tous les jours, le commerce de la perruque est un domaine florissant au sein des communautés hassidiques.

Que ce soit à Montréal, New York, Toronto ou Tel-Aviv, les «Shaitelmacher», expression en yiddish pour désigner les femmes qui vendent et coiffent les perruques, ne manquent pas de travail ni de variété dans leur salle de montre souvent installée à même leur salon.

Les différents types de perruques juives

Il y a les perruques faites de cheveux synthétiques qui sont les plus abordables, mais comme les juives orthodoxes doivent porter la perruque sept jours sur sept, certaines ne lésinent pas sur le prix et vont jusqu’à débourser 5000 $ pour se procurer une perruque faites de cheveux naturels qui viennent de Chine, de Russie ou de Pologne.

L'entretien des perruques juives

Ces perruques, elles en prennent soin. Elles les font laver et peigner, en ont une pour le shabbat, une pour les grandes occasions, etc. Parce que dans la religion juive, c’est un commandement d’être jolie.
Il n’y a pas que les juives hassidiques qui portent la perruque. Toute juive pieuse le fait puisque c’est un signe de soumission au joug de Dieu et à ses lois. Pour celle qui observe les lois talmudiques, exhiber ses cheveux serait comme sortir nue et offrir cette nudité aux regards des passants.

Par ailleurs, si la perruque est le moyen le plus répandu de se couvrir les cheveux certains autres groupes préconisent le port du foulard ou du chapeau.
 

Pourquoi les femmes juives portent elles des perruques ou des chapeau ?

Dès son mariage, une femme juive doit se couvrir tous les cheveux en tout endroit ( pas seulement à la synagogue) et à tout moment (pas seulement Chabbat) et ceci, même après un veuvage ou un divorce. Selon tous les décisionnaires, et pas seulement selon le Zohar, aucun cheveu ne doit dépasser, que ce soit à la maison ou au dehors. La Guemara affirme que Kim’hit a mérité que ses sept fils soient des Cohanim Guedolim, des grands-prêtres, grâce au fait que même les murs de sa maison n’ont jamais vu ses cheveux.

Le fait de se couvrir les cheveux pour une femme juive mariée est l’un des préceptes majeurs garantissant sa discrétion. C’est par ce biais que la femme accomplit une mitswa de la Tora, qui s’inscrit dans le cadre du respect de la pureté du foyer dans le peuple juif. Elle prouve par cet acte sa volonté de respecter l’ordre divin et acquiert de la sainteté au profit de son foyer et de ses enfants.
Le respect de cette mitswa, de nos jours en particulier, représente une grande sanctification du Nom divin, la résistance à une épreuve et un renforcement dans le respect de la Tora et de ses mitswoth.

En conséquence, nous nous devons d’encourager toute femme qui respecte la volonté d’Hachem et se couvrir les cheveux entièrement, comme la Halakha l’exige. C’est la garantie pour elle d’avoir des enfants qui étudieront la Tora, car son mérite est sans limites. A toutes les époques, dans le peuple juif, le fait de se couvrir la tête a été considéré comme le nec plus ultra de la discrétion pour les femmes mariées, leur apportant une grâce juive et une grande noblesse par lesquelles elles se distinguent face aux filles des autres peuples, ainsi qu’il se doit pour une fille du Roi des rois.

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